
Alors qu’Israël bombarde Beyrouth et que les tensions avec le Hezbollah s’intensifient, la Syrie a renforcé son dispositif militaire à la frontière libanaise. Dans le même temps, plus de 25 000 Syriens ont quitté le Liban en quelques jours, tandis que le trafic aérien reprend progressivement à l’aéroport d’Alep.
Renforcement militaire à la frontière libanaise
L’armée syrienne a récemment renforcé son déploiement le long de la frontière avec le Liban et l’Irak. Selon les autorités de Damas, ces mesures visent principalement « à sécuriser les zones frontalières, surveiller les activités transfrontalières et lutter contre les réseaux de contrebande dans un contexte régional particulièrement tendu ».
Le dispositif comprend notamment des unités de gardes-frontières et des bataillons de reconnaissance chargés de contrôler les mouvements le long des frontières. Des responsables militaires syriens affirment que ce déploiement est de nature défensive et qu’aucune action militaire contre un pays voisin n’est envisagée.
Ce renforcement militaire intervient alors que les tensions se multiplient dans la région, notamment à la frontière israélo-libanaise où le Hezbollah et Israël ont intensifié leurs échanges de tirs ces derniers jours.
Retour massif de Syriens depuis le Liban
Parallèlement, plus de 25 000 Syriens ont quitté le Liban au cours des trois derniers jours pour regagner leur pays, selon les autorités syriennes.
Le principal point de passage frontalier entre les deux pays, situé à Jdeidet Yabous côté syrien — Masnaa côté libanais — sur l’autoroute reliant Damas à Beyrouth, a connu un afflux important de voyageurs.
Selon l’Autorité générale des points de passage frontaliers et des douanes, la circulation a même été temporairement suspendue mercredi après un avertissement des autorités libanaises appelant à l’évacuation de la zone en raison des risques liés aux frappes israéliennes sur le territoire libanais.
Ces départs s’inscrivent dans un contexte de reprise des hostilités sur le front israélo-libanais. Le Hezbollah a mené plusieurs attaques contre des positions israéliennes, notamment contre des chars Merkava, tandis que les tensions régionales se sont aggravées avec l’intensification des confrontations impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.
Reprise progressive du trafic aérien à Alep
Dans ce contexte régional tendu, les autorités syriennes ont également annoncé la réactivation de plusieurs couloirs aériens dans le nord du pays et la reprise des opérations à l’aéroport international d’Alep.
L’Autorité générale de l’aviation civile et du transport aérien a confirmé la réouverture d’un couloir aérien reliant Alep à la mer Méditerranée ainsi que la reprise des opérations dans le secteur nord de l’espace aérien syrien vers la Turquie.
La compagnie Syrian Airlines a ainsi effectué jeudi un premier vol commercial entre Alep et Istanbul, marquant la reprise du trafic aérien après plusieurs jours de fermeture de l’espace aérien syrien.
Un nouveau vol entre Alep et Djeddah est également prévu, tandis que d’autres destinations internationales, dont Riyad, sont à l’étude.
Le 28 février, les autorités syriennes avaient annoncé la fermeture temporaire des couloirs aériens du sud du pays pour une durée initiale de douze heures. La mesure avait ensuite été élargie à l’ensemble de l’espace aérien syrien, avec la suspension des opérations aéroportuaires pendant 24 heures.
