Escalade israélienne au Liban : plus d’un million de déplacés internes et plus de 130 000 passages vers la Syrie

L’épave d’une moto utilisée par deux ambulanciers tués dans une frappe israélienne à Nabatieh, au Liban, le 25 mars 2026. (photo : Reuters/Yara Nardi)

Alors que la guerre américano-israélienne en Iran est entrée dans sa quatrième semaine, l’intensification des frappes israéliennes au Liban s’accompagne d’une hausse marquée des déplacements de population, dans un contexte de pressions humanitaires croissantes à l’échelle régionale.

Plus de 130 000 personnes ont franchi la frontière syrienne et plus d’un million ont été déplacées à l’intérieur du Liban depuis le début du mois de mars, selon les dernières données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations, qui alerte sur une aggravation rapide de la situation humanitaire dans la région.

Ces mouvements de population interviennent dans un contexte d’intensification des frappes menées par Israël sur plusieurs zones du territoire libanais, notamment dans et autour de Beyrouth, poussant des centaines de milliers de civils à fuir en urgence.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué mardi que le bilan des frappes en cours s’élevait à au moins 1 072 morts et 2 966 blessés depuis le 2 mars, illustrant l’ampleur de l’escalade militaire et ses conséquences directes sur les populations civiles.

Dans le même temps, Israël a évoqué la possibilité d’annexer le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, présenté comme une « future ligne de frontière », tandis que les opérations aériennes se poursuivent avec la destruction de ponts et d’habitations.

Dans un communiqué, l’agence onusienne souligne la volatilité de ces flux de personnes, exacerbée par la dégradation sécuritaire. « La situation actuelle nous rappelle brutalement à quelle vitesse l’instabilité peut modifier les schémas de mobilité dans des régions entières », a déclaré sa directrice générale, Amy Pope, appelant à un « soutien international continu ».

S’appuyant sur les dernières données de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM), l’Organisation internationale pour les migrations souligne que ces évolutions accentuent la pression sur des populations déjà fragilisées et aggravent sensiblement les besoins humanitaires.

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Selon l’OIM, la majorité des personnes ayant traversé la frontière syrienne entre le 2 et le 18 mars sont de nationalité syrienne, bien qu’un nombre plus limité de Libanais figure également parmi les arrivants. Beaucoup trouvent refuge auprès de proches ou dans des structures d’accueil précaires, avec des besoins urgents en nourriture, en logement et en assistance financière.

Au Liban, la situation est particulièrement critique. Plus d’un million de déplacés internes ont été recensés, dont plus de 134 000 dans des abris collectifs. D’autres sont hébergés par des familles, louent des logements temporaires ou dorment à l’air libre, dans un contexte de saturation des infrastructures et de forte pression sur les services publics.

Au-delà du Liban et de la Syrie, des mouvements migratoires plus limités ont été observés vers l’Irak et le Pakistan. L’OIM fait également état de déplacements de ressortissants de pays tiers vers le Pakistan, l’Azerbaïdjan ou le Turkménistan, souvent facilités par leurs gouvernements. Par ailleurs, des retours depuis l’Iran vers l’Afghanistan pourraient s’intensifier à court terme.

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