Le président syrien affirme son « soutien sans réserve » aux efforts de Beyrouth visant à désarmer le Hezbollah

Le président syrien Ahmed al-Charaa lors d’une visioconférence réunissant plusieurs dirigeants du Moyen-Orient, le 9 mars 2026. (Photo SANA)

Le président syrien Ahmed al-Charaa a assuré son homologue libanais Joseph Aoun de son « soutien explicite et sans réserve » aux efforts visant à désarmer le Hezbollah, lors d’un entretien téléphonique intervenu dans un contexte de tensions croissantes à la frontière syro-libanaise.

Selon la présidence libanaise, les deux dirigeants ont évoqué l’évolution de la situation régionale et la nécessité de renforcer la coordination entre Beyrouth et Damas, notamment pour mieux contrôler les frontières et prévenir toute menace sécuritaire.

Dans un communiqué distinct, la présidence syrienne a indiqué que M. al-Charaa considérait le désarmement du Hezbollah comme « une étape essentielle » pour consolider la souveraineté de l’État libanais et limiter les répercussions des conflits régionaux.

Tensions à la frontière

Cet échange intervient quelques heures après que les autorités syriennes ont accusé le Hezbollah d’avoir mené une attaque contre des positions de l’armée syrienne près de Serghaya, dans la zone frontalière.

Selon l’armée syrienne, des obus auraient été tirés depuis le territoire libanais et des renforts du Hezbollah auraient été observés le long de la frontière. Damas affirme suivre la situation en coordination avec l’armée libanaise et avertit « qu’aucune attaque visant la Syrie ne sera tolérée ».

Le Hezbollah, engagé dans les combats contre l’armée israélienne dans le sud du Liban, n’a pour l’heure pas commenté ces accusations.

Mise en garde contre l’escalade régionale

La veille de cet entretien, Ahmed al-Charaa a également pris part à une visioconférence réunissant plusieurs dirigeants du Moyen-Orient, organisée à l’initiative du président du Conseil européen António Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

La réunion, consacrée aux derniers développements militaires dans la région et aux moyens de contenir l’escalade, a également porté sur les efforts diplomatiques visant à empêcher une extension du conflit.

Selon l’agence de presse syrienne SANA, le président syrien a averti que la guerre en cours contre l’Iran constituait une menace majeure pour l’ensemble du Moyen-Orient. Il a notamment mis en garde contre les conséquences économiques et sécuritaires d’une escalade, évoquant le risque d’une fermeture du détroit d’Ormuz et les attaques visant les infrastructures énergétiques du Golfe.

Al-Charaa a également souligné que la Syrie, située « au carrefour de plusieurs fronts instables », subissait déjà des répercussions directes et potentiellement graves de ces tensions régionales.

Héritage du conflit syrien

Le Hezbollah a longtemps combattu en Syrie aux côtés du gouvernement de Bachar al-Assad, contribuant à la reconquête de plusieurs régions alors contrôlées par des groupes armés, dont le Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, et Ahrar al-Cham.

Le Front al-Nosra s’est ensuite transformé en Hayat Tahrir al-Cham (HTC), mouvement qui a renversé le gouvernement d’Assad en décembre 2024 et qui exerce aujourd’hui une influence majeure au sein des institutions de sécurité syriennes.

Rivalités et repositionnements régionaux

Les relations sécuritaires entre Beyrouth et Damas restent marquées par des tensions. Des affrontements ont opposé l’armée libanaise et les forces syriennes au début de l’année après l’avancée de troupes syriennes vers la frontière sous prétexte de lutter contre la contrebande.

Depuis l’élargissement du conflit régional impliquant l’Iran et l’entrée en guerre du Hezbollah, l’armée syrienne a renforcé son déploiement le long de la frontière libanaise.

Les nouvelles autorités de Damas, désormais alliées à Washington, affirment également œuvrer à empêcher l’acheminement d’armes vers le Hezbollah et à limiter les activités de certaines factions armées palestiniennes.

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