
La Syrie annonce un budget 2026 de 10,5 milliards de dollars, marquant une nette hausse des dépenses publiques. Damas met en avant un retour à l’excédent et une relance de la reconstruction.
Le président intérimaire Ahmed al-Charaa a annoncé, vendredi 20 mars à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, que le budget de l’État pour 2026 s’élèverait à environ 10,5 milliards de dollars, en nette hausse par rapport aux années précédentes.
Selon ses déclarations, les dépenses publiques sont passées d’environ 2 milliards de dollars en 2024 à 3,5 milliards en 2025, avec une croissance estimée entre 30 et 35 %. Le produit intérieur brut (PIB) a atteint près de 32 milliards de dollars, permettant l’enregistrement d’un excédent budgétaire pour la première fois. Pour 2026, les autorités évoquent un PIB compris entre 60 et 65 milliards de dollars.
Un fonds d’au moins 3 milliards de dollars sera consacré aux infrastructures, financé par les ressources publiques. Les investissements cibleront notamment les zones affectées par le conflit, dont certaines zones du nord-ouest et de l’est du pays, où des crédits supplémentaires seront alloués aux services essentiels.
Environ 40 % du budget devraient être alloués à la santé et à l’éducation. Des mesures sociales ont également été annoncées, incluant une hausse des salaires et l’introduction d’un salaire minimum.
La fermeture des camps de déplacés et le retour des populations dans leurs régions d’origine figurent parmi les priorités mises en avant. Les autorités ont indiqué que la reprise de certaines ressources dans le nord-est du pays contribue au soutien de l’économie nationale, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et de l’alimentation.
Des responsables syriens avaient déjà fait état en 2025 d’un excédent budgétaire de plus de 500 millions de dollars sur les dix premiers mois de l’année, attribué à un meilleur contrôle des dépenses publiques. Certains économistes soulignent toutefois que la pérennité de cet excédent dépendra d’une croissance effective et d’une augmentation de la productivité.
Al-Charaa a par ailleurs évoqué le report de la première session de l’Assemblée du peuple, en attendant la tenue des élections dans certaines zones récemment reprises.
