Le FMI salue une reprise économique naissante en Syrie mais exige l’accélération des réformes

En mission à Damas, le FMI salue une amélioration progressive des indicateurs économiques. La consolidation de cette dynamique dépendra de la poursuite des réformes structurelles.

À l’issue d’une mission menée à Damas du 15 au 19 février, le Fonds monétaire international (FMI) fait état de « signes encourageants » de reprise de l’économie syrienne.

Dans un communiqué publié le 25 février, l’institution souligne toutefois que la consolidation de cette dynamique dépendra de la mise en œuvre rigoureuse de réformes budgétaires, monétaires et structurelles.

Conduite par Ron van Rooden, directeur adjoint du FMI, la mission s’inscrivait dans le cadre d’un « programme de coopération intensive » visant à évaluer la situation macroéconomique, l’avancement des réformes et les besoins en assistance technique.

Un léger excédent budgétaire en 2025

Selon les données préliminaires, le budget 2025 se serait clôturé sur un léger excédent, fruit d’un recentrage des dépenses sur les priorités essentielles et d’une gestion plus prudente des ressources. Le FMI relève surtout l’absence de financement monétaire du déficit par la Banque centrale, une rupture notable avec les pratiques passées.

Pour 2026, les autorités prévoient une hausse des dépenses sociales et d’infrastructure. Si les prévisions de recettes sont jugées « ambitieuses mais réalisables », le Fonds recommande des mesures de précaution afin de préserver les dépenses sociales et de renforcer les filets de protection.

Inflation en recul et resserrement monétaire

La Banque centrale a maintenu une politique relativement restrictive, contribuant au ralentissement marqué de l’inflation, attendue à un niveau modéré à deux chiffres d’ici fin 2025. La stabilisation du taux de change est également mentionnée.

Dans le contexte de l’introduction d’une nouvelle monnaie, le FMI insiste sur la nécessité de renforcer l’indépendance de la Banque centrale, de moderniser le cadre de politique monétaire et d’engager une restructuration du secteur bancaire afin de restaurer la confiance et relancer l’intermédiation financière.

Un agenda de réformes à moyen terme

Un programme d’assistance technique 2026-2030 a été convenu. Il portera sur la gestion des finances publiques, la mobilisation des recettes, la soutenabilité de la dette, la régulation des revenus issus des ressources naturelles et la modernisation du secteur financier.

Le FMI rappelle enfin que le maintien du soutien international demeure crucial, tandis que l’accès à de nouveaux financements extérieurs dépendra des progrès réalisés dans le traitement de la dette.

Le ministre des Finances, Mohammed Yosr Bernieh, a salué une évaluation « positive et encourageante », y voyant un signal favorable pour la confiance des investisseurs. Le gouverneur de la Banque centrale, Abdelkader Husrieh, a pour sa part évoqué l’entrée dans « une nouvelle phase de reprise organisée ».

En filigrane, le message du FMI est clair : la Syrie amorce une phase de stabilisation, mais la durabilité de cette reprise dépendra de la profondeur et de la cohérence des réformes engagées.

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.