Syria-Intelligence-MAE-al-Mouallem-et-MAE-Irak-al-Jaafari-rencontre-Damas-2-15-10-2018

Al-Mouallem : « Après Idlib, notre objectif se situe à l’est de l’Euphrate »

Lors d’une conférence de presse avec le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari ce lundi à Damas, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Mouallem s’est exprimé sur l’accord de Sotchi pour la région d’Idlib, la situation à l’est de l’Euphrate, où l’état syrien n’acceptera aucune volonté fédéraliste, et la lutte antiterroriste. Les deux ministres ont affirmé que le point de passage frontalier d’al-Boukamal entre la Syrie et l’Irak serait bientôt rouvert. Ils ont également discuté du renforcement de la coopération existante entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme et ont échangé leurs points de vue sur les développements régionaux et internationaux.

« La visite du ministre al-Jaafari s’inscrit dans des circonstances très importantes, car les deux pays commencent à ressentir la douceur de la victoire sur le terrorisme qui les visait, mais la fermeté de leurs peuples et leur solidarité avec leurs forces armées ont conduit à la victoire sur le terrorisme, ce qui profitera au monde entier », a déclaré al-Mouallem. « Imaginez ce que seraient devenus l’Europe, les pays arabes et le monde entier si les organisations terroristes Etat islamique et Jabhat al-Nusra (ndlr, les autorités syriennes continuent de nommer officiellement cette organisation sous l’appellation “Jabhat al-Nusra” malgré sa scission avec Al-Qaïda et son changement de nom en “Hayat Tahrir al Cham”) avaient gagné en Irak et en Syrie ? »

Il a affirmé qu’Idlib – comme n’importe quelle région du pays – retournera à la souveraineté syrienne, ajoutant que si l’accord sur Idlib n’était pas appliqué, « l’Etat syrien prendra d’autres options ». Al-Mouallem a souligné que les forces armées à proximité d’Idlib sont prêtes à éradiquer Jabhat al-Nusra, qui figure sur la liste du terrorisme des Nations Unies, de son dernier foyer en Syrie si l’accord sur Idlib n’est pas appliqué. « En raison de la présence de citoyens syriens à Idlib, nous avons dit que la libération d’Idlib par la réconciliation est bien mieux que l’effusion de sang. Le soutien de la Syrie à l’accord de Sotchi vient de son désir de ne pas verser de sang», a déclaré M. al-Mouallem.

Le ministre al-Mouallem a déclaré que la plupart des terroristes à Idlib ont des relations avec les services de renseignement turcs et que l’État syrien attend la réaction russe sur ce qui se passe à Idlib, mais il ne restera pas silencieux si les groupes terroristes refusent de respecter cet accord.

Le ministre des affaires étrangères Walid al-Mouallem et son homologue irakien Ibrahim al-Jaafari lors de la conférence de presse lundi 15 octobre à Damas (SANA).
Le ministre des affaires étrangères Walid al-Mouallem et son homologue irakien Ibrahim al-Jaafari lors de la conférence de presse lundi 15 octobre à Damas (SANA).

Il a aussi souligné que la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, a complètement détruit la ville de Raqqa et tué des milliers de ses habitants par des raids aériens.

Au sujet de la présence illégale des forces américaines à l’est de l’Euphrate et de leurs actions avec la soi-disant « auto-administration kurde », al-Mouallem a déclaré : « toutes ces actions entrent dans le cadre de la guerre psychologique et nous ne les reconnaissons pas, ne les valorisons pas, et cela vaut également pour ce qui est des bases américaines. Je le dis en toute sincérité : après Idlib, notre objectif est l’est de l’Euphrate, et nos frères là-bas, qu’ils soient de tribus arabes ou kurdes, doivent décider ce qu’ils veulent à l’avenir ».

« S’ils veulent le dialogue, alors le dialogue se fera sur une base claire. Il y a une constitution, il y a des lois qui régissent les relations, et l’État syrien n’accepte aucun fédéralisme dans cette région parce que c’est contraire à la constitution. Si les frères kurdes veulent poursuivre les promesses américaines et les illusions américaines, c’est leur affaire et ils doivent en payer le prix. La patrie est prête pour leur retour, mais sans illusions, et ils doivent tirer les leçons des décennies passées où ils étaient alliés aux superpuissances avant d’être abandonnés par ces pays. Je suis ici pour déclarer que la question de l’Euphrate oriental est vitale et ne peut être écartée. La décision de la Syrie est d’étendre sa souveraineté nationale à l’ensemble de la géographie syrienne », a noté M. al-Mouallem.

En réponse à une question sur la possibilité de parvenir à un accord russo-irano-turc concernant l’est de l’Euphrate sur le modèle de la plate-forme d’Astana, al-Mouallem a déclaré : « Nous considérons toujours la Turquie comme un État qui occupe nos territoires. Par conséquent, nos forces armées ne peuvent participer avec leurs forces à aucune opération à l’est de l’Euphrate ».

Au sujet de l’ouverture des points de passage frontaliers de Nassib et d’al-Boukamal, al-Mouallem a souligné que, ces dernières années, les terroristes avaient fermé ces points de passage, mais qu’aujourd’hui, le point de passage de Nassib avec la Jordanie était ouvert et celui d’al-Boukamal avec l’Irak le serait bientôt également.

Sur la nécessité du retour de la Syrie à la Ligue arabe, M. al-Mouallem a souligné que la Syrie a sa position dans le monde arabe et devrait exercer son rôle arabe et, en ce sens, elle répond à toute initiative arabe ou internationale, indiquant que l’Irak a été le premier pays à parler aux réunions de la Ligue sur ce sujet et de nombreux pays arabes soutiennent actuellement ce que l’Irak a avancé depuis des années. « Nous tendons la main à tous en toute confiance. Nous vivons maintenant les résultats de la victoire qui ne sera pas achevée sans la restauration de tout le territoire syrien, y compris à Idlib, au nord d’Alep et à l’est de l’Euphrate », a-t-il dit.

Le ministre irakien, à son tour, a déclaré que « les relations entre la Syrie et l’Irak sont historiques, solides et fortes, et elles le resteront ». Le responsable irakien a affirmé que personne ne peut marginaliser la Syrie en raison de son rôle central dans la région. « La coordination se poursuit entre la Syrie et l’Irak dans différents domaines, en particulier dans le domaine de la sécurisation des ressources en eau » a noté M. al-Jaafari.

Il a ajouté que « la fermeture des points de passage entre les deux Etats était due à des circonstances exceptionnelles dues au terrorisme et qu’ils seront bientôt ouverts ».

« L’Irak apprécie le soutien que lui apporte la Syrie et ne permettra aucune ingérence étrangère dans ses relations avec la Syrie », a déclaré M. al-Jaafari.

Cet article a été traduit et édité par Syria Intelligence (SANA, le 15 Octobre 2018)

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